Economie
Présentation générale
Les années 90 ont été terribles pour l'économie togolaise. Les remous politiques de la période 90-93 ont été suivis d'une grève générale de 8 mois et, dans un second temps, de la fin des aides internationales de l'Union européenne (UE) en direction de ce pays. La dévaluation de 50% du Franc CFA, en 1994, sans compensation, a renforcé le phénomène de déliquescence dans tous les secteurs d'activités. Seuls le commerce informel et l'agriculture vivrière ont permis au pays de se maintenir à flot.
Une lourde dette extérieure, inconnue avant cette décennie, de l'ordre de 200 milliards de Francs CFA, rend la relance de l'économie plus délicate encore.
Un accord avec la Banque mondiale a été conclu en 1998. S'en est suivi un large mouvement de privatisation et de repli de l'Etat du domaine économique, les entreprises étatiques ne dégageant plus de bénéfices depuis de nombreuses années.
Le code du travail a été révisé et le code des investisseurs simplifié afin d'attirer les capitaux étrangers au Togo.
La création d'une zone franche à Lomé contribue largement au développement du pays via les investissements directs étrangers. Toutefois, on estime à 32% la population togolaise vivant sous le seuil de pauvreté.
Agriculture
L'agriculture occupe 60% de la population active et contribue pour 41,4% au PNB du pays.
La culture vivrière concentre près de 65% de la population active globale. Elle n'assure toutefois pas au pays une autosuffisance alimentaire. Le recours à l'importation de denrées reste prégnant. L'agriculture dite de rente, tournée vers l'exportation, voit sa production principalement se structurer autour de la culture du cacao, du coton et du café (productions particulièrement sensibles aux fluctuations des cours internationaux).
La seconde moitié des années 90 a vu le désinvestissement de l'Etat dans l'appareil de production agricole, jugé trop centralisé et sous-productif. Cette politique impulsée par les autorités togolaises est l'aboutissement de tractations passées entre le gouvernement et les principaux bailleurs de fonds internationaux que sont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 15% de la population active et contribue pour 22,6% au PNB du pays.
Les phosphates sont, à ce jour, la seule ressource minière en exploitation au Togo (4è producteur mondial). L'extraction et la commercialisation sur le marché international de cette ressource contribue à hauteur de 10% du PIB et représente 40% des exportations du pays. Les réserves sont estimées à 260 millions de tonnes, soit une production assurée pendant 30 ans.
De nombreuses prospections sont actuellement en cours et leur résultat sont particulièrement attendus. Les espoirs se tournent principalement vers l'exploitation de gisement de diamants, d'or et de zinc.
Malgré les incitations des pouvoirs publics par le lancement de grands projets industriels dans les années 70, l'infrastructure industrielle togolaise est toujours constituée de petites unités : industries alimentaires, matériaux de construction, industries chimiques, textile, bois. Le barrage de Nangbeto sur le fleuve Mono produit une quantité importante d'électricité pour le pays.
Services
Les services occupent 25% de la population active et contribuent pour 36% au PNB du pays.
Le port en eaux profondes de Lomé bénéficie d'une localisation avantageuse : c'est une porte sur le monde pour les pays limitrophes enclavés (notamment le Burkina Faso et le Niger).
La création, en 1988, d'une zone franche dans la ville contribue grandement au développement des investissements directs étrangers (IDE) ainsi qu'à l'implantation de succursales d'entreprises européennes et américaines. Elle contribue à générer des économies d'échelle et à dynamiser un tissu industriel au mode de production encore désuet.
L'industrie touristique a fortement subi les conséquences des troubles politiques.
En résumé
L'économie togolaise, dont la situation s'était détériorée entre 1990 et 1993 du fait de la crise politique, se redresse progressivement.
Elle s'organise aujourd'hui autour de trois principaux secteurs : l'agriculture, l'extraction de phosphate et le commerce via son port en eaux profondes.
Les activités relevant du secondaire et du tertiaire se localisent préférentiellement dans le sud du pays, surtout dans la capitale Lomé où une zone franche a été initiée en 1989, et relancée en 1996.
Toutefois, l'économie togolaise dépend des aides octroyées par les bailleurs de fonds internationaux tels que le FMI et la Banque mondiale.


