Economie
Présentation générale
En 1999, la Russie est enfin sortie de la crise dans laquelle elle se trouvait depuis le début des années 90, suite au passage de l’économie planifiée à une économie de marcher. Grâce à la forte hausse des cours mondiaux des matières premières, aux effets bénéfiques de la dévaluation du rouble sur les productions locales, et grâce à la hausse de la demande intérieure, tant privée que publique, les demandes en matière d’exportations ont augmenté de 39%, atteignant en 2001 une croissance de 5,5 %.
Mais depuis, la crise financière mondiale a considérablement assombri les perspectives économiques de la Russie pour 2009. Après avoir affronté une crise de liquidité en 2008, laquelle a conduit à un coup d’arrêt sur l’octroi de crédits, la Russie a subi un deuxième choc ; celui de la baisse des prix des matières premières exportées, notamment celui du pétrole.
Selon les statistiques du FMI, l’évolution du PIB russe pour l’année 2009 par rapport à l’année 2008, est de -7,90%. Depuis le début de la crise financière, les annonces portant sur des mesures anti-crise se sont succédées. Ces mesures associent un soutien financier direct à certaines banques et entreprises, des prises de garantie permettent à ces mêmes établissements, de se financer plus aisément, mais aussi des mesures de soutien sectoriel et des allégements fiscaux. La diminution de la rente pétrolière a, quant à elle, incité à développer les autres secteurs de l’économie.
Parallèlement, les relations de la Russie avec les institutions financières internationales se sont améliorées. En 2005, la Russie a remboursé ses dettes vis-à-vis du FMI et en 2006, celles qu’elle avait vis-à-vis du Club de Paris. Il est à noter également que la Russie fut admise comme membre du GAFI en 2003 et qu’en 2004, elle fut à l’origine du Groupe eurasiatique à vocation similaire.
La Russie négocie actuellement son adhésion à l’OMC, car précisons qu’à ce jour, elle est le dernier grand pays à ne pas encore en être membre. Son adhésion a, en réalité, été repoussée par les tentions qu’il existait au niveau de l’Ukraine et de la Géorgie.
Malgré cela, la Russie a conclu de nombreux partenariats bilatéraux ; la Chine, notamment, est devenue en février 2009 son premier partenaire en nombre d’échanges.
Le commerce entre les deux pays a atteint 38,8 milliards en 2009. En plus des matières premières, la Russie est devenue le premier exportateur mondial d’armements (notamment en Chine et en Inde). Par ailleurs, les produits provenant de la pêche russe fournissent le quart des marchés mondiaux.
En 2007, un accord de partenariat et de coopération fut signé entre la Fédération de Russie et l’Union européenne qui, avec l’espace économique commun, devrait servir de base à une éventuelle zone de libre-échange. D’autre part, on notera que des accords bilatéraux encadrent le commerce des produits textiles et de l’acier entre les deux partenaires que sont l’Europe et la Russie. D’ailleurs, pour cette dernière, l’exportation de ses produits manufacturiers est faible et reste limitée aux pays de la CEI.
Pour permettre la diversification de l’économie, les autorités russes se sont préoccupées du développement régional. Les programmes fédéraux, comme la création des Zones économiques spéciales, et les projets nationaux prioritaires, recherchent une implication importante des autorités locales et des acteurs privés, par le biais de cofinancements et de partenariats public-privé.
Par ailleurs, les autorités régionales ont pour la plupart, développé une législation favorable aux investissements. Cette législation garantit la propriété et se trouve parfois assortie d’avantages fiscaux. Certaines lois ont qui plus est mis en place un système de guichet unique. À noter que les politiques de développement régional ont surtout pour but de réduire, à terme, les disparités économiques entre les sujets de la Fédération.
Agriculture
En Russie, c’est essentiellement la diversité des conditions climatiques et la richesse du sol qui déterminent les particularités de l'agriculture dans les différentes régions du pays. Ainsi, si les producteurs se consacrent à l'élevage et à la production de légumes en serre dans les régions septentrionales, dans le Caucase en revanche, au bord de la mer Noire, on trouve des plantations de cultures subtropicales, ce qui montre la diversité des conditions climatiques.
La Russie est le premier producteur mondial d’orge, de framboises et de groseilles. Elle est également un gros producteur de betteraves, de blé et de pommes de terre.
Les terres agricoles occupent une superficie globale d'environ 200 millions d'hectares, dont 161,8 millions sont exploités par des entreprises et des sociétés agricoles. On dénombre près de 260 000 exploitations fermières qui en tout, disposent de 13 millions d'hectares de terres agricoles, soit une superficie moyenne de 50 ha par exploitation. Leur part dans la production marchande est de 7% pour les céréales, de 10% pour les légumes et de 3% pour la viande.
Par ailleurs, il est impossible d’aborder la question de l’agriculture russe sans mentionner l’importance des lopins ou datchas – ces petites résidences de week-end ou de vacances pouvant servir à la culture de légumes. Il faut savoir qu’en Russie, les citadins ont reçu très tôt le droit d’acquérir un jardinet, le plus souvent à proximité de leur ville de résidence ; la plupart d’entre eux y cultivent des fruits et des légumes, et cette autoproduction constitue une grande part de leur alimentation en hiver.
L’agriculture russe a entamé sa restructuration grâce aux soutiens publics accordés au secteur par le gouvernement, notamment depuis 2005. Mais en parallèle, la hausse générale des prix mondiaux a créé un climat favorable à l’investissement.
Ainsi, malgré les 120 millions d’hectares constituant ce que l’on nomme la bande des « terres noires », lesquelles vont de la frontière ukrainienne jusqu’au Baïkal, et qui sont considérées comme les plus fertiles du monde, il n’en reste pas moins que les facteurs climatiques limitent, sur une grande part du territoire, la période des récoltes. D’ailleurs, les plaines du sud, menacées par les sécheresses estivales, doivent impérativement être irriguées tandis que celles du nord souffrent du froid et des gelées. Ceci fait qu’au final, la production nationale ne parvient pas à couvrir les besoins alimentaires. D’autant que l’amélioration du niveau de vie en Russie a conduit à une forte croissance de la consommation de produits alimentaires, à laquelle l’agriculture nationale ne peut subvenir en totalité. Ainsi, les importations de produits agricoles et alimentaires ont-elles augmenté de 26% pour dépasser 26 milliards de dollars US en 2007.
Dans le même temps, les exportations russes, qui sont majoritairement le fait du secteur céréalier, ont augmenté de 60% et ont atteint 2,7 milliards de dollars US en 2009. L’année 2010, en raison des conditions climatiques extrêmes, est particulièrement difficile pour l’agriculture russe dont la production a baissé de 10% - ce qui équivaut à 848 millions d’euros. La situation est telle que le gouvernement a institué un embargo des exportations céréalières, qui se prolongera jusqu’en juillet 2011.
Au niveau des produits laitiers, le marché est estimé à 15 milliards de dollars US, ce qui en fait le deuxième à l’échelle de la distribution agroalimentaire mondiale. Ce domaine a enregistré depuis 2003, un taux de croissance annuel de 6 à 8%.
Le marché de la viande, pour sa part, est approvisionné par les importations à hauteur de 30 à 40% suivant les domaines de production. Le gouvernement cherche à réduire la part des importations notamment dans le domaine de l’aviculture, et dans ce but, un crédit de 4 milliards de dollars US a été accordé aux producteurs de volailles en 2009.
L’aviculture tient, pour le moment, la part la plus importante du secteur de la viande. Au cours des dernières années, ce secteur a augmenté de plus de 70 %. Pourtant, en 2010, la Russie a encore importé près de 1,5 million de tonnes de volailles des États-Unis, mais il est à noter que cela représente 300 000 tonnes de moins que l’année précédente. Selon une annonce faite par le gouvernement, le pays prévoit de remplacer dès 2011, les importations de volailles par la production locale.
Energies et Industries
La Russie possède les premières réserves mondiales de gaz, les secondes de charbon, et les septièmes de pétrole. De ce fait, ce pays est un acteur majeur sur la scène énergétique mondiale. Mais bien qu’étant le premier exportateur mondial de gaz et le deuxième de pétrole après l’Arabie Saoudite, n’oublions pas que la Russie est également le troisième consommateur d’énergies.
En effet, en 2008 le secteur du gaz et du pétrole représentaient 40% du PIB et 70% des exportations du pays ; cela signifie que la Russie est très dépendante du cours des hydrocarbures. Les groupes Gazprom, Novatek, et les groupes pétroliers Lukoil et Rosneft ont le monopole du secteur gazier du pays. Gazprom est en effet le leader incontestable avec 60% des réserves et 84,7% de la production nationale. Toutefois, notons qu’en plus des autres grands groupes que sont Rosneft, Lukoil, TNK-BP, Neftegaz et Gazpromneft (qui appartient à Gazprom), lesquels sont les principaux acteurs sur la scène pétrolière russe, il existe aussi une multitude de petits producteurs.
Le réseau d’export pétrolier de la Russie est principalement orienté vers l’Europe et les pays de la Méditerranée selon trois axes : la mer Noire avec des bateaux partant de Novorossisk, la mer baltique et l’oléoduc Droujba. Ce dernier est le principal oléoduc d’exportation vers l’Europe centrale et orientale, depuis le hub de Samara.
Des projets de construction de nouveaux oléoducs font l’objet de discussions au sein du gouvernement, notamment celui allant de Taïchet à Nakhodka qui fut approuvé en 2008.
L’exportation du gaz constitue l’essentiel de l’export russe. De ce fait, pour la Russie, la priorité est la maîtrise de son transport vers l’Europe occidentale en évitant de transiter par l’Ukraine ou la Biélorussie - ces pays voisins avec lesquels la Russie a connu plusieurs crises gazières au cours de ces dix dernières années.
Concernant les constructions en cours ou à venir, on pourra prendre l’exemple du gazoduc Blue Stream qui va jusqu’en Turquie, et qui a été mis en service en 2003. De même, en avril 2010, a débuté la construction du gazoduc Nord Stream dont le tracé offshore en mer Baltique relira directement la Russie à l’Allemagne, sans aucun pays de transit.
La construction de l’oléoduc South Stream enfin, devant passer sous la mer Noire, est prévue pour 2015. Il devra relier directement la Russie à la Bulgarie et à d’autres pays d’Europe occidentale comme l’Autriche et l’Italie. Ce dernier fait d’ailleurs concurrence au projet Nabucco reliant l’Azerbaïdjan à l’Europe via la Turquie.
En dehors de la branche énergétique, les autres secteurs les plus développés de l'industrie en Russie sont : l'industrie des combustibles, la sidérurgie et la métallurgie non ferreuse, mais aussi l'industrie chimique (qui emploie 800 000 personnes et qui représente 8% du PIB). On compte aussi les constructions mécaniques et l'usinage des métaux, les industries forestières (à commencer par celle du bois, de la cellulose et de la pâte à papier) ou encore la production de matériaux de construction, les industries légères et alimentaires, la production de farines et de semoules et enfin, l'industrie des aliments combinés pour le bétail.
Les secteurs liés à l’armement et à l’aérospatiale sont également fortement développés. La Russie en est le premier exportateur mondial à destination essentiellement de l’Inde et de la Chine.
Par ailleurs, le secteur de la production de véhicules automobiles est de plus en plus dynamique. Il bénéficie de la capacité d'investissement de la classe moyenne et emploie 2,5 millions de personnes. En 2008 l’industrie automobile a atteint 3% du PIB. Avant la crise 2008, l’augmentation des revenus et la facilité avec laquelle des crédits étaient accordés a fortement dynamisé le marché. La part des importations a atteint jusqu’à 32,8 milliards de dollars US. Et si la crise actuelle a freiné cette évolution, il n’en reste pas moins que de plus en plus de partenariats se créent entre les industriels russes et les industriels étrangers. Ainsi, Renault a pris une participation de 25% dans le capital d’AvtoVAZ, et General Motors noue un partenariat avec Gaz. En octobre 2010, débutera également le partenariat de Daimler-Benz avec KaMAZ. Ce partenariat portera sur l’assemblage des camions de la marque allemande, dans l’usine russe de Naberejny Tchelny.
Services
Parmi les mutations survenues depuis le milieu des années 80, l’une des plus spectaculaires est « l’explosion » du secteur tertiaire. Au début des années 1990, cette évolution s’est caractérisée essentiellement par un accroissement considérable des commerces et des entreprises de services, ainsi que par une amplification de la publicité. Avec l’arrivée au pouvoir du Vladimir Poutine, le gouvernement a mis l’accent sur le développement du secteur de l’énergie mais aussi du secteur tertiaire. Selon les données de l’UNESCO, les taux d’inscriptions aux études tertiaires, entre 1997 et 2007, s’élevait en moyenne à 67,3% de la population (source : « La nouvelle Russie », de Jean Radvanyi).
Le tourisme, laissé à l'abandon au cours de la période communiste, a connu également une forte croissance sous l'action conjuguée de l'ouverture du pays et de l'intérêt qu’a représentée tout d’un coup, l'arrivée de devises étrangères. Cette évolution a été encouragée par une politique étatique volontariste et a bénéficié en outre de la dévaluation du rouble. Il est à souligner qu’un programme fédéral d'aide au développement du tourisme en Russie est prévu pour 2011. Le projet prévoit des financements pour l'entretien et la création de sites et pour le renforcement de l'attractivité touristique des régions russes. Le programme prévoit également l'ouverture des régions aux investissements étrangers. Mais dans ce domaine, ce qui est essentiel à mettre en place est avant tout la coopération entre les secteurs de l'hôtellerie, les équipements et les entreprises de l'évènementiel.
Autre grand domaine de l’Économie, le secteur bancaire supporte l’essentiel de l’intermédiation financière en Russie. Ce secteur a connu au cours des dernières années, un développement rapide dans un contexte économique favorable, marqué notamment par une hausse du pouvoir d’achat. Cet essor ne s’est toutefois pas accompagné d’une consolidation de ce secteur, très fragmenté et dont il faudrait renforcer la supervision. En effet, il existe en tout 1125 banques différentes, et le marché interbancaire doit être amélioré. Par ailleurs, la croissance des dépôts n’a pas suivi celle, bien plus forte, des crédits et ce déséquilibre s’est logiquement traduit par une hausse des engagements envers les non-résidents (autrement dit des étrangers). Depuis, la crise de 2008 a révélé les vulnérabilités du système financier russe. Le crédit étant devenu plus coûteux en devises, les banques ont augmenté les taux, alors que le nombre des impayés n’a cessé de croître.
À cela s’est ajouté une forte hausse du chômage, des baisses ou des retards de paiement des salaires qui font baisser le pouvoir d’achat et ont entraîné un changement des habitudes des consommateurs. Les banques, spécialisées pour beaucoup dans les crédits immédiats, tentent aujourd’hui de diversifier leurs activités. Parmi les mesures anti-crise, beaucoup comptent surtout sur l’intervention de l’État pour favoriser la reprise des banques en difficulté, et pour aider les citoyens surendettés de plus en plus nombreux à retrouver une situation normale.
En résumé
Durant les années 2000-2008, la Russie a connu une croissance économique considérable, d’environ 7% par an, ce qui a eu pour conséquence principale l’émergement d’une classe moyenne avide de produits de consommation. Mais le pays fut, par la suite, lourdement touché par la crise, avec une récession de -8% en 2009. L’économie russe reste, aujourd’hui, très dépendante du prix des hydrocarbures et, de ce fait, donc peu diversifiée. Les mesures anti-crise qui, pour l’essentiel, consistent en des prêts aux banques, aux entreprises et aux individus, n’ont conduit à aucune restructuration, mais ont, au contraire, renforcé l’emprise de l’État sur l’économie du pays.
Toutefois, du fait de sa taille et de ses ressources naturelles, la Russie bénéficie d’un poids sur la scène internationale où elle cherche à s’imposer comme l’un des acteurs principaux. Elle cherche par exemple à jouer un rôle dans le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, comme avec la mission EUROF au Tchad, ou à faire un contrepoids au monde occidental du fait des relations bilatérales qu’elle entretient avec la Chine.
D’autre part, le marché russe présente des potentialités indéniables pouvant intéresser les investissements étrangers, grâce notamment à une tendance généralisée à la consommation et au système du « guichet unique » (consistant en un regroupement des différents services administratifs et autres proposés aux particuliers et aux entreprises élaboré dans certaines régions.
Pour en savoir plus :
- Livre Radvanyi « La nouvelle Russie »
- « Le courrier de Russie, Ekonomika »
- Site de la Mission économique française en Russie > informations pays > situation économique et financière
- Site des statistiques russes
- Site de l’ambassade de Russie en France > informations officielles
Dernière mise à jour : 14/12/2010


