Economie
Présentation générale
La République tchèque se maintient dans la médiane européenne. Si l’économie a connu un ralentissement de sa croissance en 2009 de l’ordre de 4,1%, provoquée par l’évolution de l’investissement (- 19,5 %) et la contribution négative du commerce extérieur (- 0,6 %), les exportations chutant de près de 12%, les perspectives pour 2010 renouent avec la croissance qui pourrait approcher 2%, au-delà des prévisions initiales, la surprise venant de la vigueur de la croissance allemande et de la consommation des ménages. La situation de l’emploi s’améliore avec un chômage stabilisé à 8%. L’inflation est restée contenue à 1,9% en août, malgré l’impact de l’augmentation de la fiscalité indirecte décidée par le gouvernement Fischer en 2009. Pour 2011, les autorités ne tablent plus que sur une croissance de 2,3%, sans déséquilibre extérieur ni pression inflationniste.
Le gouvernement a pour objectif de ramener le déficit public en-deçà de 3% du PIB en 2013. L’équilibre est visé pour 2016. Le déficit envisagé de 5,3% du PIB envisagé pour 2010 devrait être réalisé grâce aux mesures d’austérité mises en œuvre en cours d’année : réduction des dépenses courantes des ministères, suppression des subventions et gel des salaires dans la fonction publique, après une baisse de 5% en 2009. Côté recettes, une hausse des cotisations sociales est prévue, une augmentation de la TVA pourrait être envisagée dans le courant de l’année.
L’économie reste sans doute trop dépendante des secteurs de l’automobile (20% du PIB) et de la machine-outil, mais les réflexions engagées à ce sujet sont encore théoriques. Malgré une chute de la production industrielle (-12%), les secteurs les plus affectés par la crise conservent de bons ressorts. L’industrie a amélioré ses carnets de commande et entamé une diversification géographique de ses exportations vers l’Inde et la Chine. Ainsi, les trois constructeurs automobiles installés sur le territoire tchèque : Skoda Auto, Toyota Peugeot Citroën (TPCA) et Hyundai (90% de leur production exportée) ont vendu 1 125 000 véhicules en 2009, un chiffre record (+ 11,3% par rapport à 2008), qui peut s’expliquer par la mise en route de l’usine Hyundai en Moravie et la hausse importante des ventes de Skoda en Chine.
Les grands contrats export compensent la baisse de la production de biens d’équipement : commandes de turbines pour Skoda Power et de transport de matériel ferroviaire Skoda, en Slovaquie, construction par l’électricien national, ČEZ, d’une centrale à gaz de 840 MW à Pocerady (Bohême du nord) et de 3 centrales hydroélectriques en Turquie (à travers l’entreprise turque Akenerji qu’il détient désormais à 50%).
Géant sur la scène énergétique européenne, ČEZ a, au cours de la seule année 2009, investi dans la construction de 2 parcs éoliens (600 MW, 1 milliard d’€) en Roumanie, lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la construction de deux tranches nucléaires sur son site de Temelin, s’est associé au slovaque Javys pour la construction d’une centrale nucléaire à Bohunice et a pris 76% du réseau de distribution électrique albanais.
Très concentré avec prés de la moitié de ses actifs détenus par les filiales des trois groupes KBC, Erste Bank et Société Générale (Komerčni Banka), le secteur bancaire tchèque reste solide et très rentable.
Les grands travaux d’infrastructures (autoroutes, extension de l’aéroport de Prague, gazoducs, centrales nucléaires, centre d’enfouissement de déchets nucléaires, portion tchèque du canal Danube-Oder-Elbe) sont retardés par la baisse de la dépense publique et la problématique générale de financement du déficit public.
L’investissement direct étranger reçu par la République tchèque reste élevé en volume mais a évolué dans sa structure depuis trois ans. La proportion entre les bénéfices réinvestis et les capitaux frais s’est exactement inversée. Si, en 2005, les capitaux frais étrangers représentaient 70% des 9,4 milliards d’€ reçus, leur part est tombée à 30% en 2008. La masse des IDE reste cependant substantielle : 7,3 mds€ reçus, soit 5% du PIB tchèque.
Les nouveaux projets privilégient les activités à forte valeur ajoutée comme l’intermédiation financière (Axa vient d’ouvrir une filiale bancaire), les services stratégiques d’appui aux entreprises (IBM), les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (Sanofi Aventis a pris le contrôle de Zentiva), les centres de R&D (Automotive Lighting), le marketing et le développement (eBay et Skype). Les nouveaux investissements industriels n’ont pas disparu pour autant : Air liquide a inauguré récemment une nouvelle unité de production, Hyundai une ligne de boîtes de vitesse et Sejong des systèmes d’échappement pour Hyundai et Kya Motors. Les fusions acquisitions en cours reflètent les ambitions de quelques investisseurs de premier plan qui jouent la carte des opportunités locales et de l’international.
Une nouvelle classe de jeunes chefs d’entreprise tchèques a émergé. Le premier d’entre eux, Petr Kellner (45 ans, fortune estimée entre 57 et 65 milliards de CZK), a fait de PPF (banque et assurance, immobilier, distribution) qu’il a créé, le premier groupe d’investissement d’Europe centrale (11 milliards d’€ d’actifs), adossé depuis 2007 à Generali. PPF a racheté 60% du pôle énergie de J&T (un fonds slovaque avec 3,5 milliards d’actifs dans la banque, santé, auto, énergie, médias), le groupe immobilier tchèque ECM et la chaîne d’électroménager russe Eldorado.
PPF disposerait actuellement de 1 milliard d’€ à dépenser en acquisitions, en Russie, en Ukraine et en Europe centrale. Le second, Andrej Babis, patron du conglomérat Agrofert (3è groupe tchèque par le CA, derrière Skoda Auto et ČEZ ) a consolidé son empire en prenant le contrôle de Milkagro (produits laitiers) et en rachetant l’important groupe Agropol (commodités et stockage agricoles).
Source : site France diplomatie
Agriculture
L'agriculture occupe 5% de la population active et contribue pour 3,7% au PNB du pays.
Les principales cultures sont les céréales (blé, orge), qui occupent 44% des terres cultivées, les plantes fourragères, mais aussi la betterave, le colza, la pomme de terre, le lin, le houblon. Le cheptel (bovins, porcins, ovins) est en diminution, ainsi que l'exploitation du bois en raison des méfaits de la pollution industrielle sur les forêts.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 40% de la population active et contribue pour 41,8% au PNB du pays.
Les principales sources d'énergie restent la houille et le lignite, hautement polluants, et le nucléaire. Les hydrocarbures sont importés de Russie et d'Allemagne (pétrole) ou de Norvège (gaz). L'industrie lourde (sidérurgie, mécanique) reste importante car elle a pu profiter de faibles coûts de revient. L'arrivée de groupes étrangers a permis de dynamiser certains secteurs et de moderniser l'appareil productif, grâce également au niveau de qualification, élevé, de la main d'oeuvre. La branche automobile, qui emploie 120 000 salariés, a réalisé un chiffre d'affaires de 24 Md € en 2007. Le secteur de l'électronique et des hautes technologies enregistre une croissance rapide.
Services
Les services occupent 55% de la population active et contribuent pour 54,5% au PNB du pays.
Le secteur tertiaire est devenu très dynamique, en particulier le tourisme et notamment à Prague. Le nombre de visiteurs étrangers accueillis en République tchèque en 2009 était de 6,08 millions.
Si l'on note une croissance dans la production du secteur du bâtiment et des travaux publics, les infrastructures de transport nécessitent en revanche toujours d'importants investissements, sous peine de constituer un frein à la croissance économique.
En résumé
Les échanges commerciaux franco-tchèques se caractérisent par une part considérable d'échanges intra-branches (automobiles, ordinateurs et composants électroniques). La France est désormais le 7ème fournisseur et le 4ème client de la République tchèque.
Dernière mise à jour : 29/11/2010


