Economie
Présentation générale
La politique de rigueur et de libéralisation, mise en œuvre sous l'égide du FMI depuis 1990, a permis, dans un premier temps, de sortir le pays de la crise financière. Le PIB a connu en moyenne une croissance annuelle de près de 8% entre 1995 et 2000. Mais depuis 2001, La situation économique et financière s'est détériorée. En 2003, les finances publiques se sont brutalement dégradées (soutien massif au système bancaire en crise, re-nationalisation des deux principales compagnies d'électricité), la croissance a été négative, l'inflation a fortement progressé et le peso a chuté par rapport au dollar. L'avenir économique du pays est incertain.
L'économie du pays repose essentiellement sur le tourisme, les zones franches et d'importants transferts de fonds de la communauté dominicaine résidant à l'étranger (plus d'un million de personnes aux Etats-Unis). La République dominicaine souffre de nombreux handicaps (mauvaises infrastructures, corruption, administration pléthorique, faible productivité) qui entravent son développement. De fortes inégalités sociales demeurent et le chômage est important. Le pays compte un des taux de pauvreté les plus élevés d'Amérique latine.
Agriculture
L'agriculture occupe 17% de la population active et contribue pour 11% au PIB du pays.
Elle est essentiellement orientée vers les exportations. Les principales productions sont la canne à sucre, la banane, le cacao, le café, le tabac. Les grandes exploitations pour ces cultures coexistent avec les petites exploitations consacrées à la culture vivrière, situées dans des zones quasi désertiques dans le sud-ouest (cultures de melons, tomates et poivrons, sous irrigation), les riches plaines bien irriguées (riz, tubercules, plantains, maïs, etc.), les vallées fertiles dans le Cibao (région centre), les vastes plaines dans le Nord (élevage) et trois chaînes de montagne (cultures maraîchères et potagères).
La République dominicaine apparaît comme le « grenier » des Caraïbes. Pourtant, en dépit des programmes gouvernementaux en faveur du développement soutenu de l'agriculture, le manque de financement (lié à des taux d'intérêts très élevés), et de modernisation de l'appareil productif (notamment pour la pêche) font que le pays n'est pas autosuffisant et doit recourir à l'importation de produits agricoles face à une pression démographique assez élevée.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 24,3% de la population active et contribue pour 34% au PIB du pays.
La République dominicaine est riche en nickel (8ème producteur mondial) et exploite également d'autres ressources (or, argent, bauxite, calcaire, granit). Mais le secteur minier a souffert de la faiblesse des cours mondiaux. Le pays est quasiment dépourvu de ressources énergétiques et connaît de graves problèmes d'approvisionnement en électricité.
L'industrie s'est avant tout développée dans les zones franches. Elles représentent 17% du PIB et 80% des exportations. Autrefois concentrée sur l'agro-alimentaire, le textile et les produits du tabac, leur offre s'est diversifiée dans les composants électriques et électroniques, la chaussure, les produits médicaux et pharmaceutiques. Le ralentissement de l'économie américaine, premier partenaire commercial, et la concurrence des pays d'Amérique centrale et d'Asie ont néanmoins beaucoup pénalisé les zones franches ces dernières années.
Un programme de privatisation des entreprises publiques (secteur électrique, sucreries, minoteries et manufactures de tabac, hôtels appartenant à l'Etat) a été entamé en 1997. Mais le programme s'est arrêté en 2000 et l'Etat a même re-nationalisé les deux premiers distributeurs d'électricité du pays en septembre 2003.
Services
Les services occupent 58,7% de la population active et contribuent pour 55% au PIB du pays.
Le secteur est essentiellement dominé par le tourisme, première source de devise. La République dominicaine est en effet la première destination touristique des Caraïbes. Près de la moitié des touristes sont des Européens. L'expansion du parc hôtelier, en progression constante, et la nécessaire modernisation de ce secteur, ainsi que des zones franches, a encouragé l'essor de la construction et des télécommunications.
Commerce extérieur
La République dominicaine dispose d'un accès privilégié au marché américain et à l'ensemble de l'ALENA.
Elle cherche cependant à diversifier la provenance des investissements étrangers afin de rompre une relation quasi-exclusive avec les Etats-Unis (85% des exportations dominicaines et 51,4% des importations dominicaines).
Le pays bénéficie également de liens particuliers avec l'Union européenne en tant que membre de la convention de Cotonou signée en juin 2000 entre l'UE et les pays ACP qui prévoit des accords de libre-échange avec le marché européen. L'Union européenne représente 9,5% des importations dominicaines et 5,3% des exportations s'adressent à l'Union européenne. Parmi les pays de l'Union, l'Espagne occupe une place prépondérante. Elle est le quatrième fournisseur de la République dominicaine alors que la France n'en est que le onzième.
De l'ensemble des partenaires latino-américains, le Venezuela arrive en tête en raison du pétrole (second fournisseur du pays avec 9,6% des importations dominicaines). L'Asie est représentée essentiellement par le Japon (5ème fournisseur).
Investissements étrangers directs
L'Etat dominicain joue un rôle significatif dans l'attraction d'investissements étrangers, essentiellement depuis 1998.
En effet, les décisions de privatisation prises en 1997 ont contribué de façon déterminante à une entrée rapide et très importante des investissements dans des secteurs où jusqu'alors les étrangers n'étaient pas présents. Malgré l'arrêt des privatisations depuis 2000, les investissements directs étrangers ont progressé de 20% en 2002.
La France est actuellement le troisième investisseur étranger du pays. Présentes en République dominicaine à partir de 1998, les entreprises françaises ont réalisé des investissements significatifs, en particulier dans le secteur des services ( tourisme, grande distribution, télécommunications).


