Economie
Présentation générale
La politique de réformes entreprises depuis dix ans avec l'aide des coopérations bilatérales et multilatérales (allégeant de 40% le montant de la dette publique extérieure dans le cadre de l'initiative "Pays pauvres très endettés") a permis de stabiliser l'économie et de la restructurer. Des progrès ont été enregistrés tant au niveau des comptes extérieurs (réduction du déficit du compte courant, augmentation des réserves officielles de change...) que des équilibres internes (équilibre budgétaire, taux d'inflation réduit, taux de croissance maintenu...). L'ouverture économique est désormais une réalité.
Agriculture
L'agriculture occupe 47% de la population active et contribue pour 24% au PNB du pays.
L'agriculture occupe une grande partie de la population active mais son poids dans le PIB est moindre. La production agricole ne suffit pas à assurer les besoins de la population. Le pays ne possède quasiment pas de terres arables. Celles-ci se trouvent concentrées dans le sud et les oasis. Les cultures principales sont le mil, le sorgho, le blé, l'orge, le maïs, le riz, les légumes, l'arachide et les dattes. En revanche, le cheptel, qui s'est reconstitué après deux décennies de sécheresse, est relativement important (ovins, bovins, chameaux). La pêche est une des pièces essentielles de l'économie du pays (45% des revenus d'exportation), qui possède les côtes les plus poissonneuses du continent africain. La licence de pêche accordée à l'Union européenne a été renouvelée jusqu'à 2006.
A l'automne 2002, pour la seconde année consécutive, la Mauritanie subit des aléas climatiques (sécheresse et pluies violentes) qui compromettent d'ores et déjà les récoltes 2002-2003 et menacent de réduire la production des principales cultures au tiers de la production habituelle.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 14% de la population active et contribue pour 26% au PNB du pays.
Les ressources minières sont constituées essentiellement par les gisements de minerai de fer (de 55 à 60% des recettes à l'exportation) situés dans le nord du pays et exploités par la Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM) qui possède son port minéralier à Nouadhibou. Contrôlée à 78% par l'Etat, la SNIM est le premier employeur du pays dans le secteur minier avec près de 4000 agents.
L'essentiel de l'industrie se concentre dans l'agroalimentaire (minoteries), la chimie, le plastique, les matériaux de construction, le papier et l'emballage.
Au cours des trois dernières années, plus du tiers des investissements étrangers a été consacré aux explorations pétrolières off-shore et aux recherches minières d'or et de diamant. Cependant, les autorités mauritaniennes demeurent prudentes quant aux potentialités des prospections en cours.
Services
Les services occupent 39% de la population active et contribuent pour 40% au PNB du pays.
La Société mauritanienne de télécommunications (Mauritel) détenue à 46% par l'Etat est le premier opérateur de téléphonie mobile du pays et bénéficie pour encore deux années du monopole des télécommunications filaires.
La Société mauritanienne d'électricité (Somelec) assure à la fois la production et la distribution de l'électricité.
La Société nationale de l'eau (Snde) est destinée à demeurer propriété de l'Etat, l'accès à l'eau potable étant considéré par le gouvernement mauritanien comme l'une des priorités dans le plan de lutte contre la pauvreté.
La maîtrise de la quasi totalité des activités commerciales (importation, distribution) a permis à quelques familles influentes de grandes tribus maures la création et le développement de services extrêmement diversifiés (transports, télécommunications, assurances...).
Le tourisme se développe rapidement.
En résumé
Le développement de la Mauritanie reste contraint par l'étroitesse du marché, l'étendue du pays - qui rend plus coûteuse la réalisation des infrastructures économiques et sociales -, la désertification et la sécheresse qui affectent la production agricole et l'élevage, la totale dépendance extérieure aux besoins énergétiques, la faiblesse des ressources naturelles.
En dépit de la croissance soutenue de l'économie depuis près de dix ans, la pauvreté touche encore près de la moitié de la population tandis que l'extrême pauvreté en touche près de 30%. Elle est présente d'abord dans les milieux ruraux et plus nettement dans les zones arides puis les zones péri-urbaines. Le salaire minimum mensuel est inférieur à 40 euros. Dans les zones urbaines, le chômage touche un quart de la population en âge de travailler. La lutte contre la pauvreté est cependant un des principaux objectifs des autorités qui y consacrent des financements importants.


