Economie
Présentation générale
Déstabilisée, sous le régime du Shah, par des projets d'investissement très ambitieux et par la mauvaise prise en compte des problèmes sociaux, puis ruinée, après la révolution islamique par huit années de guerre sans vainqueur contre l'Irak (1980-1988), l'économie iranienne est sortie exsangue et plus que jamais tributaire du secteur pétrolier (50 % des recettes de l'Etat et 85 % des recettes d'exportations). Par ailleurs ces événements ont eu pour conséquence une désorganisation de l'appareil productif, une fuite des capitaux, l'exil des cerveaux, l'isolement du pays et la division par deux du revenu nominal par tête en USD. Cette paupérisation doit être nuancée par l'importance du secteur informel dont la part dans l'activité pourrait représenter de 20 à 40 % du PIB. De plus, sous la République islamique, le degré d'alphabétisation et les taux de scolarisation ont fortement progressé.
L'évolution entre 1988 et 2000 a été dominée par les conséquences de la crise de balance des paiements survenue en 1992 (liée à une dette à 77 % à court terme). Les rééchelonnements consentis en 1994 et 1995 et la contraction des importations ont certes permis au pays d'améliorer sa santé financière. Mais la pénurie de matières premières et de pièces détachées a gravement pénalisé l'industrie manufacturière.
Au total, l'ajustement des années 1990 a entrainé un net ralentissement de la croissance et n'a pas permis à l'économie de se diversifier, si bien que les phases de croissance restent jusqu'à présent très dépendantes des périodes de hausse du cours du pétrole.
Agriculture
L'agriculture occupe 30% de la population active et contribue pour 16,9% au PNB du pays.
L'Iran se caractérise par une assez grande diversité des climats et des sols permettant une production agricole riche et diversifiée. La réforme agraire date de 1962 introduisant de nouvelles techniques de gestion moderne. Dans les années 1990, le gouvernement a introduit une législation permettant l'investissement privé (sous contrôle de l'Etat) dans les entreprises agricoles.
Les productions céréalières (blé et orge) occupent près de 50 % des terres cultivées. Les autres cultures sont la pomme de terre, le riz et le thé. Les pistaches constituent le premier poste d'exportation de l'agriculture iranienne, qui est, par ailleurs, le premier producteur mondial de safran et de dattes. A noter aussi que l'exportation de la production horticole s'est considérablement développée ces dernières années.
Le cheptel est constitué principalement d'ovins, 50 millions de têtes, 4ème rang mondial et de caprins, 26 millions de têtes, 5ème rang mondial, et compte également 8,5 millions de bovins.
Le secteur de la pêche, peu développé, constitue néanmoins une source importante de revenus, avec 20 % de la production mondiale de caviar.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 25% de la population active et contribue pour 35,6% au PNB du pays.
Le secteur des hydrocarbures est le pilier de l'économie iranienne. L'Iran était l'un des premiers pays à développer la production pétrolière. Dès 1901 les Iraniens accordent la première concession aux prospecteurs britanniques. Aujourd'hui l'Iran est le second producteur de pétrole de l'OPEP et possède également les deuxièmes réserves mondiales en gaz naturel après la Russie. Les exportations de pétrole représentent 85 % des devises du pays. L'industrie pétrolière est le premier employeur du pays. Toutefois la vétusté des installations freine l'exploitation. Le sous-sol iranien recèle des mines de charbon, fer, plomb et zinc, qui ont été exploitées à partir des années 1960.
L'industrie reste peu développée. L'Iran est traditionnellement un pays agraire et de commerçants. L'industrialisation date des années 1960 (sous le régime de Reza Shah Pahlavi) et a été accélérée au cours de la guerre avec l'Irak (1980-1988) pour pouvoir assurer l'autosuffisance du pays. L'industrie concerne aujourd'hui surtout le textile (coton, laine et soie), la pétrochimie, la métallurgie, la production automobile et le tapis qui subit une forte concurrence de la Turquie, du Pakistan et des républiques d'Asie centrale.
Les trois zones franches, Kish et Queshm dans le golfe, et du port de Chabahar sur la mer d'Oman, ont pour objectif d'attirer les investisseurs étrangers (encore limités) et de devenir des centres industriels et bancaires.
Services
Les services occupent 45% de la population active et contribuent pour 55,2% au PNB du pays.
Le tourisme, encore peu développé, pourrait devenir une source de revenus importante si des mesures étaient prises en conséquence. Alors que l'industrie du tourisme se développait continuellement depuis les années 1970, les événements du 11 septembre 2001 ont dissuadé beaucoup de touristes de visiter l'Iran.
Commerce extérieur de l'Iran
Le commerce extérieur en Iran est principalement orienté par les ventes d'hydrocarbures. Dans une perspective de recettes en devises tributaires des prix du pétrole, l'Iran a toujours privilégié l'importation des produits indispensables à la nourriture de sa population et au fonctionnement de son industrie. Depuis 2001/2002, l'Iran entreprend une libéralisation graduelle de ses importations qui ont progressé de 23% par rapport à 2000/2001.
49,3 % des importations de l'Iran proviennent du continent européen. L'Allemagne est le premier fournisseur de l'Iran, détenant plus de 10 % du marché. En seconde position se trouve l'Italie (6,3 %). La France est en troisième position (6,2 %). Viennent ensuite la Russie (5,2 %) et les Emirats Arabes Unis (5,1 %). L'estimation des exportations iraniennes par pays de destination est rendue très difficile par l'absence de comptabilisation des exportations pétrolières dans les statistiques des douanes iraniennes. On peut cependant penser, en recoupant les informations disponibles, que le premier client de l'Iran est le Japon (19,2 %). Viennent ensuite la Chine (8,1 %), les Emirats Arabes Unis (7,7 %), l'Italie (7,4 %) et la Corée du Sud (7,4 %).
Investissements directs étrangers (IDE)
Le décollage des IDE est primordial pour l'Iran à double titre. D'une part, le pays répondrait ainsi en partie au manque de financement interne, notamment dans le secteur pétrolier. D'autre part, cela permettrait de desserrer la contrainte externe. Les efforts du gouvernement pour attirer les capitaux étrangers se sont jusqu'à présent révélés vains. La nouvelle loi sur l'investissement étranger adoptée l'été 2002 offre quelques améliorations.
En résumé
L'Iran a bénéficié de la conjoncture pétrolière favorable (envolée depuis 2000 des cours pétroliers) et a pu assainir ainsi ses comptes externes et ses finances publiques en général. Dans ce contexte, le gouvernement iranien a engagé une politique de réforme définie dans le plan quinquennal (2001-2004) : réforme fiscale du 21 mars 2002 sur l'impôt sur les bénéfices qui constitue un grand encouragement pour les entreprises locales et étrangères ; unification du taux de change (loi du 21 mars 2002) ; réforme du tarif douanier préparant l'éventuelle entrée de l'Iran à l'OMC ; réforme de la loi sur les investissements directs étrangers en Iran ; privatisation de la première banque iranienne, etc. Mais l'étendue des réformes à accomplir reste encore très importante. L'économie iranienne demeure encore très fortement administrée (subventions élevées, contrôle de l'Etat sur 85 % de l'appareil productif, insuffisances des privatisations) et reste une économie de rente pétrolière et non une économie de production diversifiée. Le chômage reste très important, notamment en raison de l'arrivée régulière d'une population jeune sur le marché du travail (+ 3,5 %/an).
Il n'en demeure pas moins que l'économie de l'Iran possède des atouts certains : des réserves d'hydrocarbures et de gaz qui sont parmi les plus importantes du monde ; une situation géostratégique (transit pour le gaz et les marchandises).


