Economie
Présentation générale
Une entrée en récession à partir du deuxième semestre 2008
Après dix ans de croissance soutenue (4% en moyenne), la Grèce est entrée en récession dès la fin 2008. Touchée par la crise plus tardivement que les autres pays européens, elle devrait connaître, selon les indications fournies par le nouveau Ministre des Finances, une récession de -1,5% du PIB en 2009 (-1,1% selon Eurostat). Le pays affiche, au 1er trimestre 2009, un taux de croissance de 0,3 pour cent et pour le 2ème trimestre de -0,3 pour cent par rapport aux mêmes périodes en 2008, essentiellement en raison de la baisse des investissements et de la consommation privée, moteur traditionnel de la croissance grecque.
Parallèlement, le taux de chômage devrait remonter à plus de 9%. Une baisse de 20% des investissements, de 15% pour le tourisme et de 20% pour la marine marchande est attendue. La baisse de demande de biens durables a été la plus importante avec, notamment, une chute de près de 40% au premier trimestre des ventes de véhicules automobiles. Le secteur du bâtiment est également touché avec une baisse de 30% sur le marché domestique pour le premier trimestre 2009 par rapport à 2008. Le secteur bancaire connaît également une situation difficile : le nombre des impayés augmente pour atteindre en 4 mois le montant total cumulé en 2008 et les difficultés de remboursement d’emprunts sont également en accroissement. Alors qu’elles n’ont pas d’actifs toxiques dans leurs avoirs, les banques grecques souffrent, par ailleurs, d’un manque de liquidités et ont donc tendance à augmenter la rémunération des dépôts (en provoquant une accélération de l’épargne) et à accorder des prêts de façon plus restrictive.
La chute des importations (près de -22% contre - 17,16% pour les exportations) reflète la morosité des acteurs économiques. Au cours des six premiers mois de 2009, le déficit commercial grec a atteint 15,4 mds euros (contre 22,8 sur la même période 2008), soit une diminution de 32,5%, contribuant positivement - de manière inhabituelle- à la croissance.
Le rapport intermédiaire de la Banque de Grèce sur la politique monétaire mentionne à la fois une baisse des recettes et une augmentation des dépenses mais met aussi à l’index l’inefficacité du mécanisme de collecte des impôts et des services de contrôle. La baisse des recettes a été de -0,7% sur le 1er semestre 2009, alors qu’une augmentation de 14,2 % était programmée dans le budget prévisionnel révisé du début d’année. Les résultats s’expliquent tant par les rentrées d’impôts directs (+7,3% au lieu d’une prévision révisée de +23,9%) que par les recettes d’impôts indirects (notamment TVA, avec une baisse de 10,1% au lieu d’une augmentation prévisionnelle de +6,7%), qui s’explique à la fois par le fléchissement de l’activité économique, par le ralentissement de la consommation en prix courants mais aussi par un boom de l’évasion fiscale. Les baisses les plus significatives des recettes fiscales concernent les taxes sur l’achat de biens immobiliers (-32,9%), affectées par la crise du secteur de la construction, les taxes de classification de nouveaux véhicules (-53%) et les taxes sur les plus values boursières (-58%).
Les mesures de relance et de consolidation budgétaire proposées par le gouvernement
Lors de son discours d’investiture devant le Parlement hellénique, le nouveau Premier ministre a clairement réaffirmé sa volonté de donner un ’’coup de pouce à l’économie’’ sur 2009, en appliquant le programme de relance sur la base duquel son parti a été élu :
en gratifiant les ménages de mesures de solidarité sociale : des mesures immédiates (octroi d’une allocation exceptionnelle de solidarité aux bas revenus, augmentation des retraites de la caisse agricole) et sur 2010 (augmentations des salaires et des retraites d’un pourcentage supérieur à l’inflation, absence d’augmentation des factures des entreprises publiques à intérêt collectif -gaz, électricité, eau-, dépôt d’un projet de loi concernant le surendettement des ménages) ;
en poursuivant la promotion de l’entrepreneuriat et en restaurant la liquidité de l’économie par un soutien des acteurs surendettés : simplification des procédures de création de nouvelles entreprises en mettant en place des ’’centres de services aux entreprises’’, à l’image des guichets uniques destinés à aider les citoyens, poursuite de la modernisation du système d’information centralisé des banques pour la gestion des crédits, fonctionnement rénové de la caisse de solidarité aux PME créée lors de la mise en place du plan de soutien bancaire à l’économie, création d’une caisse de refinancement de l’économie destinée à émettre des bons du trésor et à promouvoir les PPP, quasi doublement des programmes d’investissements publics -fonds européens compris- jusqu’a 4% du PIB dans le budget 2010, 5% au bout de 4 ans, octroi d’une garantie directe aux entreprises dans le cadre de leurs emprunts auprès des banques, amorce d’une libéralisation des professions réglementées.
Le nouveau gouvernement a également indiqué sa ferme intention de mettre fin à la dérive du budget pour contribuer au redressement de l’économie. L’objectif d’assainissement des finances est décliné dans le projet de budget 2010 :
en instaurant une plus grande transparence des comptes : lancement d’un inventaire de la situation réelle en collaboration avec la Banque de Grèce, généralisation du système comptable à double entrée, recours prévu à des auditeurs externes -comptables assermentés- pour l’ensemble du secteur public, autonomisation du service des statistiques ;
en accroissant durablement les recettes fiscales par un partage plus large mais plus équitable du fardeau fiscal : le Premier ministre a évoqué un projet de loi visant à introduire un nouveau système de taxation unique et progressif pour tous les revenus (du travail et du capital). Les précisions, à ce stade, portent sur :
1. la lutte contre la fraude, y compris par omission (le ministre rappelant que seuls 3000 citoyens déclarent en Grèce un revenu de plus de 200.000 euros par an),
2. la non exemption du patrimoine immobilier et de l’activité entrepreneuriale de l’église,
3. la taxation réduite des bénéfices des entreprises non distribués mais réinvestis, dans le but de favoriser les investissements et la création d’emploi,
4. la suppression des dispositions plus favorables aux grands actionnaires,
5. l’imposition plus progressive du patrimoine immobilier et des successions mais avec des plafonds de non imposition élevés afin d’exempter le petit patrimoine,
6. une taxation plus optimale du patrimoine immobilier des entités offshore,
7. une restructuration en profondeur des services fiscaux et l’introduction d’un outil de contrôle électronique plus moderne. Le Ministre des Finances a clairement répété ce qu’il avait esquissé : il s’agit de supprimer les gaspillages existants plutôt que d’introduire de nouveaux impôts ;
en clarifiant et contrôlant plus strictement les dépenses publiques, à tous les échelons de l’Etat, des ministères, des collectivités locales et des hôpitaux.
Source : France diplomatie > pays-zones geo > Grèce
Par ailleurs, plusieurs documents sont consultables sur le site de la Mission économique française, notamment sur la crise en Grèce
Agriculture
L'agriculture occupe 20% de la population active et contribue pour 8,3% au PNB du pays.
L'agriculture grecque est caractérisée par un très grand nombre de petites exploitations orientées sur des productions méditerranéennes (huile d'olive, agrumes, tabac, coton, élevage ovin et caprin). La Grèce est le 5ème producteur mondial de coton et le 1er producteur européen de tabac.
Energies et Industries
Ce secteur occupe 21% de la population active et contribue pour 25% au PNB du pays.
L'industrie grecque est constituée de petites et moyennes entreprises et concentrée dans les secteurs tels que l'agroalimentaire, le textile, les matériaux de construction, la chimie et la métallurgie.
La Grèce possède quelques ressources naturelles (pétrole, lignite, bauxite, nickel, argent, marbre, plomb) mais la production est peu importante.
Services
Les services occupent 59% de la population active et contribuent pour 64,4% au PNB du pays.
Héritière d'une tradition maritime et commerçante depuis l'antiquité, la Grèce contemporaine possède une économie de services très ouverte aux produits et investissements étrangers. Plus de 70 % de ce PIB est constitué par le secteur tertiaire, avec deux pôles dominants, la marine marchande et le tourisme. La flotte de commerce sous pavillon et surtout sous contrôle des armateurs grecs est la première au monde, avec 17,4 % du tonnage de la flotte mondiale. Elle reste cependant un acteur modeste du commerce mondial. Le tourisme constitue un secteur d'excellence de l'économie grecque bien qu'encore insuffisamment exploité. Le pays se place au 16ème rang mondial des destinations touristiques et au 10ème rang européen.
Pour en savoir plus : l'essentiel d'un marché Grèce, Ubifrance 2010/2011
Dernière mise à jour : 07/10/2010


