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Economie

Présentation générale

Une économie de rente pétrolière peu diversifiée

Avec un PIB par habitant de 10 926 USD en 2008, le Gabon est largement au-dessus de la moyenne de ses voisins. Il est classé par les institutions internationales comme un pays à revenu intermédiaire.
L’économie gabonaise est essentiellement concentrée autour des industries extractives qui représentaient 56,3% du PIB en 2008.

L’économie gabonaise repose sur des ressources en matières premières, surtout pétrolières. Le poids du pétrole dans le PIB atteint 53% du PIB et 82% des recettes d’exportation en 2009. Grâce aux prix élevés du pétrole, le Gabon a depuis trois ans bénéficié de recettes pétrolières exceptionnelles (50% du budget total en 2009). Après avoir atteint un plancher en 2006, la production pétrolière du Gabon s’est stabilisée grâce aux investissements réalisés sur les champs marginaux rendus possibles par le cours élevé du baril. Les deux principaux producteurs, Total et Shell, réalisent 50% de la production. Pour2009, les résultats attendus devraient être satisfaisants puisque la production resterait à environ 11,8 Millions de tonnes avec un cours moyen proche de 60 dollars.

L'industrie forestière constitue le 2ème secteur économique mais ne représente que 9% des exportations totales en valeur. Celles-ci ont accusé une diminution estimée à 24% en 2009, soit 1,3 millions de mètres cubes, en raison de la crise mondiale et de la baisse de la commande internationale, en particulier chinoise, la Chine étant devenue le premier importateur de grumes gabonais, absorbant 60% de la production. Les exportations degrumes sont interdites depuis le 1er janvier 2010. Le manganèse, exploité par la Comilog (capital détenu par le français Eramet à hauteur de66 %) représente 4 % du PIB et 2 % des exportations du pays, pour une production en chute vertigineuse en 2009 (1,5 Mt contre 3,3 en 2008). En 2010, la reprise annoncée de laproduction mondiale d’acier (notamment en Chine) devrait ramener la production gabonaise à 3,3MT.

La conjoncture économique en 2009 a subi les effets de la crise mondiale

Les résultats des principaux produits d’exportation gabonaise mettent en évidence la rudesse du choc subi. La croissance très faible observée en 2009 (+0,5%) s’explique par la crise internationale subie par le Gabon, qui a frappé deux secteurs essentiels de son économie, le bois et le manganèse, ainsi que par la chute du cours du pétrole.
Le PIB du secteur pétrolier en 2009 enregistre une baisse de -32% tandis que le PIB du secteur non pétrolier affiche une légère diminution de -6,3% .

La hausse régulière du taux d’inflation (5 % en 2007, 5,3% en 2008) s’est considérablement affaiblie en 2009 puisqu’elle n’est estimée qu’à +1,9%. L’inflation devrait cependant être surveillée en 2010, les prévisions s’établissant à plus de 7%.

Cette situation générale a eu un impact immédiat sur les résultats des échanges extérieurs du pays. Traditionnellement excédentaire, la balance commerciale a accusé une chute de son solde de 61% pour l’année 2009, qui s’élève à 1 187 Mds de FCFA.

Le premier client du Gabon reste les Etats-Unis (plus de 50 % des achats de pétrole) même si l’on constate que la Chine a encore augmenté ses achats. La France reste le principal fournisseur du Gabon avec une part de marché d’environ 35%.

Source : fiche de la Mission économique française au Gabon > "Situation économique et financière du Gabon en 2009"

Agriculture

L'agriculture occupe 60% de la population active et contribue pour 4,4% au PIB du pays.

Le secteur agricole reste peu développé, se heurtant à des conditions climatiques peu favorables et à une absence de traditions rurales. Les terres cultivées ne représentent que 2% du territoire. Il s'agit essentiellement d'une agriculture villageoise et vivrière. La première culture est le manioc (9% des terres cultivées) suivie du cacao, du café, du maïs, de l'huile de palme, du caoutchouc, etc.

La dépendance alimentaire demeure très forte : le pays importe 80% des denrées alimentaires consommées.

La forêt recouvre les trois quarts du territoire et son potentiel est considérable, tant en quantité qu'en qualité, avec notamment l'okoumé, essence de bois représentant 35 à 40% de la ressource, très appréciée pour ses possibilités de déroulage dans la production de contre-plaqués. Les recettes de l'exportation du bois sont déterminantes pour l'équilibre de la balance commerciale.

En décembre 2001, un nouveau code forestier a été adopté qui sert à la fois les objectifs des professionnels en matière de préservation du capital forestier et les préoccupations des écologistes en matière de maintien de la biodiversité.

Le secteur subit régulièrement des difficultés profondes dues aux fluctuations de la demande internationale de bois brut, aux carences de l'organisation gabonaise des exportations de grumes, et plus récemment aux incertitudes liées à la politique fiscale du gouvernement.

Le Gabon possède des eaux maritimes et fluviales particulièrement poissonneuses. La pêche demeure encore peu développée malgré de bonnes potentialités.

Energies et Industries

Ce secteur occupe 15% de la population active et contribue pour 48,33% au PIB du pays.

Le pétrole reste de très loin la première ressource du pays (près de 41% du PIB) malgré le déclin de la production intervenu après 1997 avec l'épuisement progressif des réserves connues.

Grâce au cours élevé du baril sur le marché mondial, le Gabon a, depuis trois ans, bénéficié de recettes pétrolières exceptionnelles (62 % des recettes budgétaires en 2008 et 79 % de ses recettes d’exportation. Depuis un pic atteint en 1998 (18,7 millions de tonnes), la production pétrolière décline (12,7 M t en 2008).

Le Gabon est un très riche pays minier : son sous-sol recèle en particulier du manganèse (3ème producteur mondial), exploité à Moanda, dans l'est du pays par la COMILOG, filiale du groupe français ERAMET. La production est de l'ordre de 2 millions de tonnes par an. Elle est acheminée par train jusqu'au terminal minéralier du port de Libreville Owendo. Une usine d'agglomération et d'enrichissement du manganèse est entrée en service en janvier 2001 à Moanda.

Un gisement d'uranium était exploité jusqu'en 1999. L'exploitation d'un gisement de niobium associé à du phosphate est en cours d'études. Plusieurs sociétés, notamment canadiennes et sud-africaines, prospectent d'autres ressources minières telles l'or, les diamants, etc.

80% de l'électricité consommée dans le pays est d'origine hydroélectrique, produite localement.

L'industrie contribue pour seulement 5,9% du PIB. Elle est axée principalement sur les productions agroalimentaires (sucrerie, minoterie, huile de palme, hévéa, lait, boissons), la transformation du bois (création d'unités de déroulage d'okoumé, production de contre-plaqués), le secteur para-pétrolier (raffinerie de 750.000 tonnes à Port Gentil) et la construction (ciment, peinture, BTP).

Le secteur de l'agro-industrie est essentiellement représenté par des entreprises créées par l'Etat. Ces sociétés connaissent des difficultés récurrentes.

L'industrie de la transformation du bois devrait progresser avec l'obligation faite, par le code forestier (en date du mois de décembre 2001), aux exploitants, de transformer localement une partie des grumes extraites.

Le marché intérieur est limité et la production est principalement destinée à l'exportation.

Services

Les services occupent 25% de la population active et contribuent pour 35% au PIB du pays.

Les booms pétroliers (74/78 et 82/85) ont été l'occasion de concevoir et de construire les infrastructures de transport et de communication. Cependant l'entretien de ces infrastructures représentant une charge financière considérable, le pays s'est engagé dans un processus de privatisation. Les projets de privatisation touchent aujourd'hui le secteur des télécommunications (Gabon Télécom), l'industrie de l'hévéa (Hévégab), le secteur portuaire (Offices des Ports et rades du Gabon – OPRAG) et le secteur du transport (Air Gabon).

La première société privatisée a été ADL (Aéroport de Libreville) en 1988, suivie en 1997 de la SEEG (eau et électricité) désormais contrôlée à 51% par Véolia Environnement, puis en 1999 du chemin de fer Libreville-Franceville concédé au consortium "Transgabonais" dominé par les sociétés forestières (principaux utilisateurs de la ligne).

Le réseau de télécommunication est l'un des tout premiers d'Afrique. En mars 2002, la Banque Européenne d'Investissement a accordé au Gabon un prêt de 22 millions d'euros, destiné à la connexion au câble sous-marin de fibre optique installé par Alcatel le long des côtes d'Afrique de l'Ouest. Ce raccordement offrira des capacités de très haut débit en matière de communications satellitaires.

La téléphonie mobile a fait l'objet, en 1999, de l'octroi de 2 licences aux sociétés étrangères Celtel/MSI et Telecel/Orascom en complément du réseau cellulaire initié par l'OPT et repris depuis par sa filiale Libertis.

Le secteur bancaire est solide et performant. Il a profité des crises de 1986 et 1998, au cours desquelles huit banques ont disparu, pour s'assainir.

Les services aux entreprises (informatique, conseil) sont assez développés avec la présence de nombreux cabinets internationaux de référence.

En résumé

Le Gabon souffre d’une diversification trop limitée de son économie liée à la forte dépendance au secteur pétrolier dont le niveau de production devra, à moyen terme,
inéluctablement faire face à une baisse. Pour préparer au mieux l’après pétrole et stimuler l’économie, le Gabon doit relever deux défis.

Le premier a trait aux difficultés de communication à l’intérieur du pays qui demeurent un problème majeur. Le développement des infrastructures est en effet un appui
indispensable aux secteurs moteurs ainsi qu’à la diversification de l’économie. Leur état conditionne le niveau des coûts de production et de compétitivité de l’économie. Elles sont par ailleurs un élément primordial pour attirer les investissements étrangers. Leur développement participe enfin à la réduction de l’exclusion sociale en permettant aux populations (zones rurales notamment) d’avoir accès aux services de base. Avec un peu plus de 9 000 kms de routes, le réseau gabonais dessert la quasi-totalité du territoire national mais seul 10% est bitumé, limitant la capacité de ce dernier à répondre aux besoins évoqués ci-dessus. Par ailleurs, on note encore certaines lacunes dans le domaine de la fourniture d’électricité et d’eau, ainsi que des télécommunications.

Le second concerne l’amélioration du climat des affaires. Une étude menée par la Banque Mondiale pointe en effet certaines lacunes, notamment en ce qui concerne les obstacles institutionnels et réglementaires à l’investissement. Les investisseurs potentiels doivent faire face à des lenteurs administratives et à une politique d’incitation fiscale peu claire. Toutefois, la politique menée par le gouvernement gabonais va dans le bon sens, à l’instar de la création d’une agence de promotion de l’investissement privé (APIP) faisant office de guichet unique. Le dernier rapport « doing business » classe le Gabon en 151ème position, ce qui le place en bonne position par rapport à nombre de ses voisins. Enfin, les indicateurs sociaux (santé, éducation) sont en grand décalage avec le niveau de richesse du pays. L’indicateur de développement reste en retard de manière significative avec le revenu par habitant faisant de la lutte contre la pauvreté une priorité pour l’Etat. Le pays est classé au-delà du 100ème rang mondial en termes de développement humain.

Source : Mission économique française au Gabon

Dernière mise à jour : 12/10/2010

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