Marché du travail
Chaque année, plus de 3 000 Français en moyenne immigrent au Québec. Plusieurs autres milliers viennent y suivre des études ou y travailler temporairement. On recense également environ 14 000 jeunes qui y séjournent via les accords de mobilité (dont 7 000 PVT). Près de neuf Français sur dix choisissent Montréal.
Si bon nombre de nouveaux arrivants apprécient très vite le Québec et y trouvent un emploi après quelques mois de recherche, il est cependant important de ne pas minimiser les difficultés que peut rencontrer un immigré. Contrairement à certaines idées reçues, il n'est pas facile d'obtenir rapidement un emploi au Québec. Il est donc impératif de posséder un petit capital afin de pouvoir vivre sur place pendant environ six mois.
S'il est vrai que le gouvernement du Québec privilégie l'immigration française, que le chômage ne cesse de baisser depuis quelques années et que les employeurs recherchent de la main d'œuvre dans de nombreux secteurs, aussi bien des informaticiens que des techniciens dans le domaine de la santé, le monde de l'emploi au Québec est bien différent de celui de l'hexagone. La maîtrise de l'anglais s'avère par ailleurs de plus en plus importante à Montréal du fait de la proximité avec les États-Unis.
Montréal est, avec ses 3,5 millions d'habitants, un centre économique névralgique dans les domaines de l'aéronautique et du multimédia. Sans être un eldorado, ce pays est celui du possible et du rêve. L'importance de l'immigrant dans la société québécoise est telle que les Québécois ont pris des mesures pour lutter contre la discrimination à l'embauche.
Attention cependant : le Québec est une Amérique en français, mais en aucune façon la France en Amérique.
Si le Québec a opté pour le libéralisme, il a cependant renoncé à financer un système de protection sociale tel que les Français le connaissent. Le système de santé de la Belle province n'offre que le strict minimum à ses assurés et les congés payés sont le plus souvent limités à deux semaines par an.
En revanche, les employeurs québécois ont su créer une relation privilégiée avec leurs employés qui permet à tout un chacun de travailler sans stress. Les particularités du marché du travail canadien sont ainsi de plusieurs ordres.
Un environnement de travail libéral
Le marché de l'emploi est très flexible. Cela signifie qu'une embauche est aussi aisée à effectuer qu'un licenciement. Dans ce monde si décontracté où les chercheurs d'emploi semblent astreints à bien peu de règles, le futur employé sait qu'il peut dans les faits être licencié sans préavis ni indemnités dans le quart d'heure qui suit son embauche. La culture d'entreprise favorise le mérite et non l'ancienneté. Même si vous ne disposez que de peu d'expérience professionnelle, il est possible d'occuper un poste d'encadrement ou d'y être promu assez rapidement. Il faut être prêt à accepter de démarrer au bas de l'échelle, sans perdre de vue que l'ascension professionnelle est rapide. De nombreux Français travaillant au Québec apprécient cet aspect de la culture du travail nord-américaine.
Des professions protégées par des ordres
Selon l'Office des Professions du Québec, le Québec compte 45 ordres professionnels qui regroupent environ 300 000 adhérents. Le rôle de ces ordres est de " s'assurer, dans le domaine qui leur est propre, que les professionnels dispensent les meilleurs services possibles au public ".
Dans les faits, de nombreuses professions se protègent derrière des barrières corporatistes. Même si, par exemple, le Québec manque de médecins et d'infirmières, l'Ordre des médecins interdit aux confrères étrangers de pratiquer. Toutefois, depuis 2005, le Gouvernement du Québec a conclu des ententes avec une vingtaine d'ordres professionnels en vue de faciliter les démarches de reconnaissance des diplômes et des compétences des personnes immigrantes.
A noter que l'Entente France-Québec de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles est en vigueur depuis le 17 octobre 2008, date de sa signature. Pour en savoir plus sur les conséquences pratiques de cette Entente, vous pouvez consulter le site Internet du consulat général de France à Montréal : www.consulfrance-montreal.org/ rubrique "vivre à Montréal" > " affaires et emploi > entente France-Québec ".
L'ensemble des projets réalisés par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) sont disponibles sur : www.micc.gouv.qc.ca/ . Il est, par conséquent, impératif de contacter, avant le départ de France, l'ordre des professions du Québec (OPQ) (www.opq.gouv.qc.ca/) et de consulter la rubrique relative à la validation des acquis sur le site du MICC.
Une nouvelle expérience
Aux yeux des employeurs québécois, votre expérience européenne, si brillante soit-elle, n'a aucune valeur. Seule l'expérience nord-américaine et de préférence canadienne compte. Il en va de même pour les diplômes. Certains diplômes (BTS, DUT notamment) n'ont aucun équivalent au Québec.
La majeure partie des étudiants québécois suivent un cursus universitaire. La notion d'école, telle qu'elle existe en France, n'a quasiment pas sa place dans l'enseignement supérieur. Il faudra donc toujours bien expliquer son parcours universitaire. Les patrons québécois sont mieux à même de juger un parcours universitaire et professionnel qui leur est proche.
Une approche différente
Lors d'une recherche d'emploi, c'est bien un océan qui sépare l'Amérique du Nord de l'Europe. La notion même de direction des ressources humaines y est radicalement différente, tout comme le sont la prise de contact avec un employeur, les lettres de motivation, le curriculum vitae ou encore la façon de s'habiller.
Les Québécois ont trois règles : être tenace, aller au devant des employeurs et surtout rester décontracté.
Un bilinguisme indispensable
S'il est possible de vivre uniquement en français au Québec, la maîtrise de l'anglais est une quasi nécessité pour qui veut s'épanouir dans sa vie professionnelle. Il existe de nombreux cours d'anglais dispensés un peu partout dans la province à des prix très abordables.
La nécessité de se préparer
Une installation se prépare. Avant d'immigrer, il est nécessaire de faire au moins deux courts séjours, l'été et l'hiver, afin de mieux appréhender les différences qui séparent le Québec de la France et de voir si celles-ci sont surmontables. Aussi, il est important de se questionner sur ce que l'on espère trouver au Québec et si cette société correspond vraiment à ses attentes. Selon le bureau d'immigration du Québec à Paris, de nombreux candidats restent sur des clichés. Il est par conséquent conseillé de bien s'informer sur la société canadienne, les valeurs, les codes au Canada et dans la Province de Québec.
Dernière mise à jour : 12/11/2010
Dans l'Ensemble du Québec, 79 professions sont parmi les plus en demande actuellement. Dans cette liste sont indiquées les professions où il existe actuellement des possibilités d'emploi : http://emploiquebec.net/index.asp > IMT en ligne, s'informer sur le marché du travail
Les données par secteurs d’activité montrent que 11 secteurs sur 16 affichent des gains d’emplois entre octobre 2009 et octobre 2010. Les plus importantes hausses sont notées dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale (+ 39 900), dans celui des services professionnels, scientifiques et techniques (+ 32 800) ainsi que dans les administrations publiques (+ 15 800).
À l’opposé, le recul le plus important est enregistré dans le secteur de la fabrication (- 25 300).
Selon l’étude publiée sur le marché du travail au Québec pour la période 2010-2014, il ressort que l’emploi, dont la croissance avait fortement ralenti en 2008 après l’année faste qu’il a connue en 2007, a inscrit en 2009 sa première contraction depuis 1996, en raison de la disparition de 38 000 postes. Malgré les pertes d’emplois, la population active a connu une légère progression grâce à l’arrivée de 15 000 personnes sur le marché du travail. Quant au taux de chômage, après avoir atteint en 2007 et 2008 un plancher qui ne s’était pas vu depuis la première moitié des années 1970, il a rebondi de 1,2 point à 8,5%.
Selon les prévisions, le nombre d’emplois devrait augmenter de 242 000 d’ici 2014, les plus forts gains devant être observés au cours des trois premières années. Le nombre de chômeurs reculera de 57 000 au cours de la période, ce qui le ramènera à 299 000 en 2014. Enfin, le taux de chômage se repliera régulièrement, pour glisser à 6,8 % à la fin de la période de prévision.
Les perpectives de l'emploi sectoriel
L’emploi s’accroîtra en moyenne de 1,2 % par année entre 2009 et 2014. Il devrait être en hausse dans la grande majorité des 33 secteurs d’activité. Une baisse est toutefois attendue dans six secteurs, modeste dans certains cas, mais plus importante dans d’autres, tous engagés dans la production de biens. Ce sont : l’agriculture et la pêche, les industries des textiles et des produits textiles, des vêtements et des produits en cuir, du papier, de l’impression et du meuble.
Le secteur des services, qui fournit déjà 78 % des emplois se verra attribuer 87 % des emplois créés. Les industries productrices de biens procureront 32 000 nouveaux emplois. L’évolution de l’emploi connaîtra tout de même un sort variable d’une industrie à l’autre, tant dans les services que dans la production de biens. Dans ce dernier domaine, la création d’emplois profitera surtout à la construction et à la fabrication de biens durables.
Pendant que l’emploi progressera de 1,1 % par année dans le secteur de la fabrication de biens durables, pour un gain de 16 000 emplois, il devrait faire du surplace dans celui des biens non durables, malgré le gain appréciable attendu dans l’industrie des aliments, des boissons et des produits du tabac. Du côté des biens durables, les principaux gains proviendraient de la fabrication de matériel de transport et de produits métalliques.
Dans le domaine des services, les secteurs où la plus forte création d’emplois est prévue sont les soins de santé et l’assistance sociale, les services professionnels, scientifiques et techniques, le commerce de détail ainsi que la finance, les assurances, l’immobilier et la location.
Plusieurs industries, sans être nécessairement en première ligne en matière de création d’emplois, comptent parmi leurs effectifs une large proportion de travailleuses et de travailleurs âgés. Ces derniers quitteront le marché du travail en grand nombre au cours des prochaines années, et il faudra les remplacer. Ce sera le cas dans le secteur public, soit dans les domaines de la santé, de l’enseignement et de l’administration publique, notamment de l’administration provinciale. On observera la même situation dans les secteurs de l’agriculture et des autres industries primaires, de la première transformation des métaux, des transports et des autres services.
Le marché du travail régional
Selon les estimations des économistes des directions régionales d’Emploi-Québec, l’emploi sera en croissance dans toutes les régions du Québec. La croissance variera de 0,4 % par année dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean à 1,8 % dans les régions des Laurentides et de Lanaudière. De façon générale, c’est dans la région métropolitaine de recensement de Montréal et en Outaouais que l’on s’attend à la plus forte croissance. En outre, grâce à la hausse prévue de l’emploi, le taux de chômage diminuera partout. En 2014, la région de la Capitale-Nationale affichera le taux de chômage le plus faible (4,6 %), suivie de la région de l’Outaouais (4,5 %). La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine fermera la marche avec un taux de chômage de 13,8 %, précédée des régions de la Mauricie (8,9 %) et de Montréal (8,9 %).
Pour prendre connaissance de l'intégralité de cette étude :
Pour en savoir plus
Conseil interprofessionnel - La liste des secteurs protégés
www.professions-quebec.org
Arrivés dans leur nouveau pays d'accueil, les immigrants découvrent que le Québec est régi par une quarantaine d'ordres professionnels et que, dans la plupart des cas, leurs diplômes européens ne seront jamais reconnus. Médecins et vétérinaires ne peuvent se prévaloir de leur titre et sont obligés de reprendre des études ou de travailler dans des postes ne correspondant pas à leur qualification. En revanche, il existe un accord sur l'équivalence des diplômes français d'ingénieur. Les ingénieurs français doivent cependant déposer un dossier d'inscription et acquitter des frais. Le traitement du dossier peut prendre plusieurs semaines et les ingénieurs français devront acquérir de 12 à 36 mois d'expérience en tant qu'ingénieur junior avant d'être reconnu comme ingénieur à part entière.La liste des métiers à certification interprovinciale
http://emploiquebec.net/guide_qualif/certification-interprovinciale/liste-metiers.asp
Parmi ces métiers, on retrouve ceux de mécanicien, boulanger, électricien ou plombier.L'information des comités sectoriels
http://emploiquebec.net/organisation/intervention-sectorielle/comsectoriels.asp
Emploi Québec soutient une trentaine de comités sectoriels (aérospatiale, culture, métallurgie, industrie textile, industrie ferroviaire, etc.). Consultez le site de cet organisme pour en savoir plus sur les perspectives d'emploi dans les 30 secteurs.Statistiques Canada – Indices de l'emploi
www.statcan.ca/francais/freepub/71-222-XIF/2004000/section-e_f.htm
Clef pour l'intégration au travail des immigrants (CITIM)
1595, rue St Hubert - bureau 300 - Montréal, Québec H2L 3Z2
Téléphone : [514] 987 1759 - Télécopie : [514] 987 99 89
Courriel : accueil@citim.org - Internet : www.citim.orgOffice français de l'immigration et de l'intégration (OFII)
1550, rue Metcalfe - Cours Mont Royal - bureau 505 - Montréal, Québec H3A 1X6
Téléphone : 1 [514] 987 17 56 - Télécopie : 1 [514] 987 16 11
Courriel : montreal@ofiicanada.ca - Internet : www.ofiicanada.ca/Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) - Bureau de Québec
1020 route de l'Église, 4e étage, Québec (Québec), G1V 5A7
Téléphone : 1 [418] 682 32 75 - Télécopie : 1 [418] 682 12 01
Courriel : quebec@ofiicanada.ca - Internet : www.ofiicanada.ca/-
Association Québécoise Francogénie
CP 1071 Succursale Desjardins - Montréal, Québec H5B1C2
Courriel : accueil@francogenie.com - Internet : www.francogenie.com/
Dernière mise à jour : 11/02/2011
Au 1er mai 2010, le salaire horaire minimum brut est passé de 9 à 9,50 CAD. C'est la hausse la plus importante de ces trente dernières années.
Il est important de tenir compte des importants prélèvements sociaux obligatoires.
Au Québec, les salaires sont inférieurs à ceux de la moyenne nationale, notamment à ceux de la Colombie-Britannique et de l'Ontario, le coût de la vie dans ces deux dernières provinces étant cependant plus élevé.
Salaire horaire moyen en CAD
|
| Canada | Ontario | Québec | Colombie britannique |
| Homme | 24,52 | 25,25 | 22,42 | 25,32 |
| Femme | 21,09 | 21,86 | 20,24 | 20,88 |
Rémunération horaire moyenne brute des employés (octobre 2010)
| Tranche d'âge |
|
| 15 - 24 ans | 12,92 |
| 25 - 54 ans | 23,19 |
| 55 ans et plus | 21,69 |
| Sexe |
|
| Hommes | 22,42 |
| Femmes | 20,24 |
| Régime de travail |
|
| Temps plein | 22,68 |
| Temps partiel | 15,73 |
| Couverture syndicale |
|
| Couverts par un syndicat | 24,26 |
| Non couverts par un syndicat | 19,41 |
| Statut de l'emploi |
|
| Employés permanents | 21,73 |
| Employés temporaires | 18,91 |
| Secteur d'activité |
|
| Gestion | 33,51 |
| Affaires, finance et administration | 20,19 |
| Sciences naturelles et appliquées et professions assimilées | 28,39 |
| Secteur de la santé | 24,28 |
| Sciences sociales, enseignement, administration publique et religion | 27,29 |
| Arts, culture, sports et loisirs | 23,21 |
| Vente et services | 14,83 |
| Métiers, transports, conducteurs de matériel et professions assimilées | 21,31 |
| Professions du secteur primaire | 15,33 |
| Professions liées à la transformation et à la fabrication et les services d'utilité publique | 17,77 |
(Source : Statistiques Canada)
Pour en savoir plus
- Institut de la statistique du Québec : www.stat.gouv.qc.ca/ Rubrique " le Québec statistique > statistiques > travail et rémunération ".
- Statistiques Canada : www.statcan.ca/
Dernière mise à jour : 12/11/2010


