Economie
Présentation générale
Depuis le milieu des années 1990, l'économie béninoise connaît une croissance soutenue (+5% en moyenne). Ce dynamisme repose essentiellement sur les deux activités principales du pays, l'agriculture et le commerce transfrontalier.
Le Bénin, engagé depuis plusieurs années dans une politique d'assainissement de sa situation économique et financière, a enregistré des résultats significatifs. Le gouvernement est parvenu à stabiliser le déficit budgétaire à un niveau faible. L'inflation se maintient sous les 5% grâce à une politique monétaire rigoureuse menée, au niveau régional, par la banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest.
En dépit de performances économiques encourageantes, le Bénin connaît des problèmes persistants : pauvreté importante (un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté), corruption, rôle majeur de l'économie informelle, manque d'infrastructures, agriculture et industrie peu compétitives. En outre, l'importance du commerce avec les pays voisins rend le pays vulnérable aux changements dans la région.
Agriculture
Ce secteur emploie 54% de la population active et représente 36% du PIB.
Les cultures vivrières constituent 58% de la production agricole. Le Bénin est auto-suffisant dans ce domaine. Le manioc, le maïs et le riz sont principalement produits dans le sud tandis que l'igname, le sorgho et le millet sont cultivés dans le nord.
Le coton est la principale culture commerciale, loin devant l'huile de palme et la noix de cajou. Le Bénin produit également en quantité restreinte du café, du cacao, de l'arachide et des graines de karité.
Les cheptels bovin, ovin (3,4 millions de chèvres et de moutons) et porcin (297.000 bêtes) ne couvrent que 60% des besoins.
L'arboriculture est très développée. Une cocoteraie naturelle de 2 à 5 km de large est exploitée le long de la côte.
L'exploitation forestière est peu répandue (acajou, iroko, samba). Une politique de reboisement (filaos, teck, etc.) a été entreprise depuis plusieurs années.
La pêche, pratiquée pour les trois quarts en eau douce, est essentiellement artisanale. Elle ne représente que 2% du PIB et ne fournit que la moitié de la demande intérieure.
Mines et industries
Ce secteur concerne 10% de la population active et participe pour 14% au PIB.
Les ressources naturelles sont limitées (marbre, fer, phosphate, etc.) et ne sont quasiment pas exploitées.
L'hydroélectricité (barrage de Nangheto sur le fleuve Mono) fournit 5 millions de KWh.
L'agro-industrie et la production de biens de consommation courante dominent le secteur industriel. La transformation du coton est la principale activité manufacturière du pays. Autre secteur important, l'industrie textile doit faire face à une concurrence internationale de plus en plus vive. La production de ciment bénéficie d'une activité soutenue dans le secteur du bâtiment.
Services
Ce secteur fait travailler 36% de la population active et produit 50% du PIB.
Le commerce et le transport vers les pays voisins sont de loin les activités dominantes. Le secteur informel y est largement développé.
Commerce extérieur
Le Bénin connaît un déficit commercial chronique mais l'importance des transactions non déclarées, en particulier avec le Nigeria, rend difficile l'évaluation précise des échanges. L'exportation du coton béninois fournit à lui seul 40% des devises. Les activités de réexportation sont également importantes. Les importations béninoises sont principalement des biens d'alimentation (26% du total), des biens de consommation courante (20%) et des produits énergétiques (12%).
Les échanges commerciaux avec le Nigeria sont de loin les plus importants : ils représenteraient entre un quart et un tiers du PIB béninois. Le Nigeria est ainsi le premier marché de réexportation pour le Bénin, situation favorisée par une différence de tarifs d'importation entre les deux pays. La majorité des transactions se fait par des circuits informels. Le coton est principalement exporté en Inde et en Asie du Sud-Est.
Les importations de biens de consommation courante en provenance de Chine ont fortement augmenté. Ce pays est ainsi récemment devenu le premier fournisseur du Bénin devant la France. Cette dernière connaît une stagnation de ses ventes sur le marché béninois depuis trois ans (209 millions d'euros en 2003). Elle fournit de la bijouterie fantaisie, des produits pharmaceutiques, des produits agricoles, de l'informatique, des produits agrochimiques, de l'automobile et des biens d'équipement.
En résumé
Le défi des autorités béninoises est de parvenir à consolider la croissance et à réduire la pauvreté tout en maintenant la stabilité financière du pays. Cet objectif passe nécessairement par des réformes structurelles préconisées par les organismes internationaux : renforcement des investissements publics, réforme de l'administration, poursuite des privatisations, programme d'amélioration des conditions de vie des plus pauvres, plan de lutte contre la corruption, modernisation des secteurs agricole et industriel.
Dans la même optique, le Bénin est engagé dans un programme de convergence économique avec certains pays de la région au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine.


