Economie
Présentation générale
L'Afrique du Sud est un géant de l'Afrique. Avec 25 % du PIB du continent et 80 % du PIB de l'Afrique australe, ce pays apparaît comme le leader économique du continent.
La politique d'orthodoxie budgétaire (programme " GEAR ") menée par le gouvernement depuis 1996 a assuré le redressement des grands équilibres macro-économiques :
les efforts de réduction du déficit budgétaire portent leurs fruits : le déficit public a été ramené à environ 2 % du PIB en 2001. Cette maîtrise du déficit budgétaire permet à l'Etat sud-africain de limiter la progression de la dette publique (44,3 % en 2001).
l'inflation est maîtrisée : la baisse de l'inflation s'est poursuivie en 2001 (6,6 % contre 7,7 % en 2000), rendant possible une réduction sensible des taux d'intérêt. Cette tendance est contrariée cependant depuis la fin 2001 par la baisse significative du rand (inflation importée, hausse des prix à la production).
- des équilibres extérieurs en voie d'amélioration. En 2000, le déficit de la balance courant ne dépassait pas 0,3 % du PIB et la balance devrait connaître un léger excédent de 0,2 % du PIB en 2001. L'Afrique du Sud reste marquée par un flux d'investissements directs étrangers (IDE) dans le pays. Ces investissements prennent notamment la forme d'investissement de portefeuille à court terme, au détriment d'investissements directs (de production).
La répartition sectorielle des activités économiques est proche de celle des pays industrialisés.
Agriculture
L'agriculture occupe 30% de la population active et contribue pour 3,3% au PNB du pays.
Des terres arables couvrant seulement 13 % du territoire et un réseau hydrographique peu important expliquent le peu de poids de l'agriculture dans l'économie. 85 % des terrains agricoles sont consacrés à l'élevage de bétail. Les Blancs détiennent encore, et malgré la réforme agraire, 87 % des terres et gèrent les grandes exploitations.
Si la dernière décennie a été marquée par une production irrégulière, le pays est cependant autosuffisant. La première production est le maïs (9ème rang mondial), suivi par le blé (31ème rang), la canne à sucre (13ème rang) et le tournesol (10ème rang). Les fruits et légumes contribuent également aux exportations. La vigne, enfin, dont la production la plus renommée se situe dans la région du Cap, place l'Afrique du Sud au 7ème rang mondial pour la production de vin. Le cheptel bovin (13,5 millions de têtes) et ovin (28,6 millions) satisfait 85 % des besoins. Ce dernier permet à l'Afrique du sud de figurer au 7ème rang mondial pour la production lainière. L'Afrique du Sud possède également une flotte de pêche importante qui alimente le marché intérieur et extérieur en langoustes, sardines et anchois.
Energies et industries
Ce secteur occupe 25% de la population active et contribue pour 38,5% au PNB du pays.
L'Afrique du Sud dispose de capacités industrielles et minières inégalées sur le continent (1er rang mondial pour l'or, le manganèse, le chrome et le platine, 3ème producteur mondial de diamants). Cette rente minière importante est notamment constituée d'une gamme très large de minéraux rares. Le sous-sol sud-africain recèle la majorité des 2 500 minerais répertoriés dans le monde, ce qui lui assure des rentrées de devises substantielles (50 % des recettes d'exportation).
L'instabilité des prix des minerais, notamment de l'or, a accéléré la recomposition du secteur minier sud-africain autour de grands groupes (Anglo-american, par exemple) et a débouché sur de nombreuses suppressions d'emplois.
Le matériel de transport et les produits agroalimentaires constituent les plus importantes activités industrielles (en terme de valeur ajoutée) du pays. En outre, l'Afrique du Sud fabrique produits chimiques, produits dérivés du charbon, fer, acier, machines, papier et produits textiles.
Services
Les services occupent 45% de la population active et contribuent pour 64% au PNB du pays.
L'Afrique du Sud s'appuie sur un secteur financier sophistiqué. Le Johannesburg Stock Exchange se situe au 12ème rang mondial par son niveau de capitalisation et a fait l'objet d'un vaste programme de modernisation, notamment avec l'introduction d'un marché à terme des matières premières. L'économie du pays s'appuie sur des structures bancaires performantes (5 banques sud-africaines détiennent près de 90 % des actifs). L'Afrique du Sud attire 89 % du portefeuille d'investissements en actions consacré à l'Afrique subsaharienne.
De forts potentiels de croissance existent dans le secteur des télécommunications et du tourisme. Depuis 1997, le tourisme connaît un essor sans précédent dans l'économie sud-africaine. En mai 2002, le nombre de visiteurs étrangers en Afrique du Sud a augmenté de 6,3 % par rapport à mai 2001. Le potentiel d'emploi du secteur, susceptible de compenser les pertes du secteur minier, bénéficie de la qualité des infrastructures et des transports. Cependant, pour l'instant aucun gouvernement ne s'est vraiment fait encore l'avocat d'une politique du développement de ce secteur.
Commerce extérieur et investissements directs étrangers
Depuis la fin des années 1980, l'instabilité des gains à l'exportation des matières premières a persuadé les décideurs sud-africains que l'avenir résidait dans le développement de son industrie manufacturière et notamment dans la conquête des marchés extérieurs. Le pays s'est inséré dans les grandes organisations mondiales du commerce et a démantelé progressivement ses barrières douanières et tarifaires. Après des années de repli et d'autarcie imposées par les sanctions économiques à l'encontre de son système d'apartheid, l'Afrique du Sud affiche aujourd'hui des indices d'ouverture commerciale proches des pays d'Europe occidentale (le total des importations et des exportations représente près de 47 % du PIB). Les principaux produits exportés par la République sud-africaine sont les minerais et pierres précieuses (34%), l'acier et le fer (9 %), tandis que les premiers postes d'importation sont les équipements électriques et mécaniques (36 %), ainsi que les produits issus de la pétrochimie (8 %).
L'Union européenne (UE) est le principal partenaire économique et commercial de l'Afrique du Sud, représentant près de 40 % de ses importations et de ses exportations, ainsi que 70 % des Investissements Directs Etrangers (IDE). L'accord bilatéral sur le commerce, le développement et la coopération (ACDC), en vigueur de façon provisoire (en attente de ratification) depuis le 1er janvier 2000, n'a fait que renforcer cette relation économique et commerciale privilégiée. La forte dépréciation du rand (dépréciation face à l'euro de 24 % entre juillet 2001 et juillet 2002) a donné un avantage compétitif significatif aux exportations agricoles sud-africaines en direction de l'UE.
Au sein de l'UE, le Royaume-Uni est le plus important partenaire de l'Afrique du Sud. En 2000, la France était le 6ème pays-client et le 3ème pays-fournisseur au sein de l'Union européenne.
En résumé
Les grandes agences de notation (Fitch Raiting et Standard & Poors) et le FMI en accordant un satisfecit à l'Afrique du Sud ont reconnu les efforts et les progrès accomplis depuis 1996 en matière de politique économique. Par ailleurs, les perspectives de croissance sont favorables.
Pourtant, l'économie sud-africaine reste confrontée à d'importants défis en raison d'une croissance encore insuffisante pour réduire le taux de chômage (37 %). Le maintien des inégalités entrave le développement du marché intérieur. L'ouverture extérieure devra encore s'accompagner d'une profonde modernisation des structures de production. Le gouvernement sud-africain devra donc procéder à des réformes d'envergure au cours des prochaines années tout en faisant face à l'expansion rapide du SIDA.
Par ailleurs, l'inflation reste à un taux élevé depuis la dépréciation du rand en 2001.


